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 Les papillons à ailes d'oiseaux (birdwings)

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MessageSujet: Les papillons à ailes d'oiseaux (birdwings)   Sam 28 Avr - 15:08

Les papillons à ailes d’oiseau (birdwings)

Composition et recherche: Francis Bourret

Le groupe
À ce jour, on compte près de 30 espèces dans ce groupe de titanesques papillons. Le genre Ornithoptera est habituellement celui considéré lorsque l’on parle de « birdwings ». On peut voir que d’après l’origine latine, ornithos (oiseau) et pteron (aile), sa première appellation s’est transposée dans son nom scientifique. Cependant, en plus du genre Ornithoptera regroupant 12 espèces, les genres Troides (18 espèces), Trogonoptera (2 espèces) et Ripponia (1 espèce) prennent aussi part à ce regroupement, à l’intérieur de la famille Papilionidae et de l’ordre Lepidoptera.

Prendre note que le terme ornithoptère sera utilisé dans ce texte comme traduction de « birdwings » et est donc inclusif de tous les genres cités ci-haut.

Distribution géographique
Ces splendides insectes sont originaires d’une des régions du monde la plus prolifique en terme de biodiversité endémique, soient le sud-est asiatique et l’Océanie. Plus précisément, ces spécimens semblent s’être installés surtout en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Indonésie, dans les Îles Salomon et en Australie (particulièrement dans l’état de Queensland, sur la côte Nord-Est). Cette dernière région n’accueille que deux espèces, soient Ornithoptera priamus et Ornithoptera richmondia, lesquelles sont subdivisées en une multitude de sous-espèces (ou races).

Biologie
Les ornithoptères ont une préférence notable pour les forêts tropicales humides. Ceci est un des facteurs limitant leur distribution à cette région du monde. En effet, comme pour tous les organismes à sang froid ou poïkilothermes (ou encore hétérothermes), la vie hors des milieux chauds et humides nécessite des adaptations particulièrement élaborées, absentes des caractéristiques possédées par ce groupe. Petite parenthèse, on nomme hémolymphe l’homologue du sang chez les papillons.

Leur vol puissant et planant leur a valu le qualificatif de « birdwings », mais l’attribution d’un tel pseudonyme fait aussi probablement référence à l’envergure faramineuse de leurs ailes. En effet, deux des trois papillons à se disputer les marches du podium des plus grands de ce monde sont des ornithoptères. La première place est généralement accordée au papillon de la reine Alexandra (Ornithoptera alexandrae), suit le papillon Goliath (Ornithoptera goliath) et le papillon Atlas (Attacus atlas). Cependant, bien qu'il ne fasse pas partie de la grande famille des ornithoptères, ce dernier est sans contredit le plus grand hétérocère. Ils peuvent tous atteindre une envergure d’environ 30 cm et un corps de 7 à 8 cm.


Ornitoptera alexandrae

source photo: http://content.answers.com/main/content/wp/en/7/77/Birdwing.jpg



Ornitoptera goliath

source photo: http://www.rockyroephotographics.com/gallery/thumbnails.php?album=4




Attacus atlas

photo par: Marc Parrot


Cycle de vie
Sans vouloir relancer le débat de l’œuf et de la poule, commençons par les comportements de cour chez l’adulte.

Il faut d’abord connaître l’immense importance des phéromones et leur quasi-exclusivité quant au choix du partenaire. Dans le règne animal en général, la femelle sera très sélective face à son géniteur, particulièrement lorsque celui-ci peut avoir une multitude de partenaires et que la femelle a peu d’événements de ponte ou de parturition(chez les mammifères). Celui-ci par contre, puisque la production de sperme est peu coûteuse en terme d’énergie, tentera d’avoir le plus de copulations possibles pour ainsi maximiser son succès reproducteur. C’est pourquoi les comportements de cour sont si importants chez les animaux dans le choix du partenaire.

Dans le cas des ornithoptères, comme chez la plupart des espèces de papillons, la cour débute par une danse spectaculaire ayant comme but premier de mettre les convoités partenaires en présence de leurs phéromones respectives. L’organe sensitif en mesure de les détecter est situé à l’extrémité apicale des antennes et est l’équivalent de notre nez. Ces hormones volatiles sont en fait un cryptogramme contenant l’information relative à l’état génétique et l’état de santé du vis-à-vis. Tout est une question de coûts/bénéfices. En effet, la reconnaissance spécifique (de l’espèce) est d’une importance capitale. La reproduction est très coûteuse et l’hybridation entre deux espèces différentes mènera habituellement vers un échec partiel ou complet. De plus, la qualité de l’hormone révélera l’état de santé et la compatibilité génétique du partenaire potentiel. Elles servent aussi, bien sûr, à localiser un membre du sexe opposé. Pour favoriser la dispersion des phéromones, la femelle se déplacera lentement d’un endroit à l’autre et se posant quelques fois, les ailes bien ouvertes. Le mâle pour sa part, restera à proximité de la femelle, 20 à 50 cm, faisant un vol stationnaire, lui insufflant ainsi son parfum « phéromonal » l’invitant à passer à la copulation.


Ornithoptera priamus

photo par: Marc Parrot


Quand la femelle juge qu’elle s’est suffisamment fait désirer, la fécondation peut avoir lieu. Par la suite, une longue et fastidieuse recherche est entamée par la femelle qui tentera de découvrir l’emplacement de plantes prédisposées à sa ponte. Comme chez une grande partie des espèces de papillon, la chenille possède un régime alimentaire aux exigences particulières. Pour leur part, tous les ornithoptères de l’Asie à l’Australie, ne se contentent que des vignes grimpantes du genre Aristolochia et Pararistolochia. Se posant sur les plantes qui se dressent sur son chemin, elle sera en mesure de détecter chimiquement si la plante est apte à accueillir ses œufs. Le sens utilisé est l’homologue du goût chez l’homme et les récepteurs sensitifs sont situés sur la paire de pattes antérieures. Ces plantes contiennent des toxines qui seront assimilées, emmagasinées et transformées par les chenilles. Elles pourront ainsi faire bénéficier les stades chenilles, chrysalides et imagos, d’une protection face aux prédateurs. Plus précisément, ces toxines sont en fait deux types d’acides spécifiques à la famille des aristoloches. Deux effets sont associés à l’ingestion de ces acides. Premièrement, ils sont carcinogènes pour, à tout le moins, l’ordre des rongeurs (Rodentia) ; elles causent donc des dommages irréparables à l’ADN. Ensuite, elles ont aussi des effets « néphrotoxiques » et causent donc une dégénérescence des fonctions rénales.


Aristoloche

source photo: http://www.wheatoncollege.edu/Science/Greenhouse/plants_in_flower.html


Les œufs seront donc déposés singulièrement sur l’extrémité de la feuille. Les chenilles posséderont généralement des poils épineux sur toute la surface dorsale. Elles auront tendance à se positionner sur la face ventrale de la feuille permettant ainsi une certaine protection envers les prédateurs aériens. Ces chenilles sont tellement voraces, ce qui est compréhensible vu l’énergie qu’elles doivent emmagasiner pour produire de si gigantesques papillons, qu’elles peuvent rien de moins que dévaster un plant entier d’aristoloche.


Chenille du Troides oblongomaculatus

source photo: http://www.ifta.com.pg/



Une fois que la chenille atteint sa taille optimale, la formation de la chrysalide est en mesure de débuter, stade comparable à l’arrivée de la puberté chez l’humain. Comme pour le reste de la famille des Papilionidae, la pupe est de type « succinte » (suspendue).

Coloration
Les chenilles auront régulièrement des teintes noires, rouges et/ou brunes. Pour leur part, les chrysalides seront d'ordinaire dotées de couleurs vives (ambrées/argentées) lorsqu’elles annoncent une toxicité ou ternes, brune/verdâtre, lorsqu’elles miseront sur le camouflage. Cependant, même si les couleurs métalliques des pupes sont excessivement flamboyantes, c’est pour l’imago que l’épanouissement des collectionneurs est à son comble. En effet, quoique la couleur de fond semble être le plus souvent noir, des jets vifs de jaune, de vert, de rouge et de bleu ornent leurs ailes. Presque tous les papillons de ce groupe ont une coloration associée à une pigmentation au niveau des écailles (via les papiliochromes). Néanmoins, deux espèces Troides magellanus et Troides prattorum (très rare) ont des colorations irisées ; dû à une diffraction de la lumière dans les prismes que forment leurs écailles (à l’instar des morphos). C’est tout simplement « spectraculaire »!

Faits intéressants
Il fut possible de déceler, chez Troides rhadamanthus à tout le moins, la présence de thermorécepteurs sur la veine anale des ailes postérieures et sur l’extrémité apicale des antennes. Les récepteurs des antennes possèdent en plus des hygrorécepteurs qui mesurent le niveau d’humidité atmosphérique. Ces deux récepteurs constituent donc un avantage important relativement à la thermorégulation corporelle.


Troides rhadamanthus

photo par: Marc Parrot


Phénomène intéressant, mais considéré peu éthique par l’espèce humaine, il arrive fréquemment que les chenilles des ornithoptères s’adonnent au cannibalisme. Effectivement, lorsque le plant d’aristoloche est confronté à une surpopulation, les chenilles ayant pris un peu d’avance au niveau de leur croissance se permettront d’ingérer les plus petites (potentiellement ses frères et sœurs). Il est à noter que les chenilles sont une source protéique et lipidique fort intéressante, d’autant plus que leur sacrifice permettra d’assurer une disponibilité suffisante de feuilles pour les survivants.

Malgré leur résistance élevée à la toxicité des aristoloches, ils ne sont pas invulnérables à cette toxine pour autant. En effet, l’aristoloche est souvent utilisée comme plante ornementale, ce qui a mené à l’introduction d’une espèce exotique en plusieurs endroits de l’Asie à l’Australie. Cette espèce sud-américaine est Aristolochia elegans, alors que les espèces indigènes aux forêts tropicales asiatiques et australiennes utilisées par les ornithoptères sont surtout Aristolochia indica, Paristolochia deltantha, P. praevenosa et P. laheyana. Ces plantes exotiques possèdent un niveau de toxicité tellement élevé que les chenilles des femelles insouciantes mourront avant d’atteindre la maturité.

Comme beaucoup d’autres lépidoptères, les ornithoptères adorent se regrouper aux abords des marres d’eau pour se désaltérer et recueillir des sels minéraux. Le résultat est magnifique.


Trogonoptera brookiana

photo par: Yves-Pascal Dion


La taille incomparable et les couleurs étincelantes de ces papillons en font des êtres très prisés par les collectionneurs. En outre, ils deviennent un moyen de subsistance pour les peuples indigènes qui les collectent. Certains gouvernements ont Trogonoptera brookiana même déclaré que les insectes de leur région étaient des ressources naturelles renouvelables et que leur population devait être préservée. Des mesures ont donc été mises en place dans l’optique de protéger les forêts qui, dans le cas contraire, seraient toujours sujettes à la déforestation. Par contre, la perte d’habitat reste généralement très élevée dans les pays « sous-développés » et « en voie de développement ». De surcroît, le risque d’extinction continue d’être très présent et de se répandre à travers les cinq règnes du vivant.
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