Volière du Domaine de Maizerets
 
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 Le Monarque

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MessageSujet: Le Monarque   Ven 17 Aoû - 12:48


photo par: Joannie McLeod



Le Monarque en questions

Comment le monarque peut-il voler jusqu'au Mexique puisque les papillons ont une vie relativement courte?

Le monarque (Danaus plexippus) a un cycle de vie relativement complexe qui, sur une année, compte plusieurs générations ayant différents rôles. À la fin du printemps et durant l'été, les monarques arrivent au Québec. Ils se reproduisent durant la saison chaude et vivent environ un mois chacun. Il peut ainsi y avoir de 1 à 2 générations durant l'été. Cependant, la chenille qui se développe à partir de la fin de juillet est influencée par les jours qui raccourcissent et les nuits qui rafraîchissent. Ces signaux environnementaux seraient le déclenchement pour l’émergence d’une génération de papillons qui ne seront pas matures sexuellement, contrairement aux générations précédentes, et qui seront migrateurs afin d’échapper aux dures conditions hivernales à venir sous nos latitudes. Après s'être gavés de sucres qui seront transformés en graisses (leur réserve énergétique), ils entameront leur migration qui durera près de deux mois. Celle-ci les mènera à près de 3 600 à 4 000 km vers le sud, dans la Sierra Chincua au Mexique (état du Michoacan), à 3 20o mètres d'altitude où ils hiverneront en masses innombrables, faisant ployer les branches des sapins Oyamel sur lesquels ils s'entassent. En mars, ils descendent des montagnes et se dirigent vers le sud des États-Unis pour s'y reproduire. La génération ayant hivernée meurt et c'est la nouvelle qui commencera à remonter vers le nord au fur et à mesure que le climat s'adoucit et que sa plante-hôte, l'asclépiade, se développe. Ainsi 1 à 2 générations peuvent se succéder/chevaucher avant qu'on les voit réapparaître au Québec en juin ou juillet.

Y a t'il d'autres espèces qui font des migrations ?

D'autres papillons nord-américains, nocturnes et diurnes, font des migrations. Par exemple, certaines hespéries, la belle-dame, le polygone à queue violacée, le vulcain et d'autres nymphalides sont aussi connus pour leurs migrations. Cependant, aucun n'apparaît voyager en si grand nombre, aussi loin que le monarque et ne migre à un même site d'hivernage d'année en année.

Le Monarque en quelques chiffres

Poids moyen : 1 g

Cycle de vie :
-7 générations/an
-100 - 500 œufs/femelle
-Avant l’état adulte : 15 à 45 jours (30-35 jours)
-Éclosion : 3 à 12 jours (6 jours)
-Chenille : 4 à 5 stades larvaires durant 9 à 18 jours (14 jours)
-Chrysalide : 8 à 15 jours (12 jours)
-Adultes : 2 à 6 semaines; 8 mois pour la génération migrante

Vol :
-12 battements d’aile à la seconde
-Vitesse moyenne de 30 km/h
-Pointe de vitesse à 50 km/h
-Altitude maximale rapportée: 3 000 m (10 000 pi.)

Distance parcourue lors de la migration :

-Moyenne de 100 km par jour
-Maximum de 300 km par jour
-Total d’environ 4 000 km (à partir du Qc)

Rassemblement au Mexique : 100 000 000 papillons

En Amérique du nord, on distingue deux populations du Monarque. Ces deux populations sont séparées par les montagnes Rocheuses et n’ont pas encore été rapportées pour se mélanger entre elles naturellement. Une troisième population se retrouve en Amérique centrale. Toutefois, cette population ne migre pas et se déplace peu.


Les Danainae
Parmi la grande famille des Nymphalidae, le Monarque appartient à la sous-famille des Danainae. Cette sous-famille répandue à l'échelle mondiale atteint sa diversité maximale dans les tropiques. En effet, tous les Danainae sont des espèces tropicales ou subtropicales (figure 4). Plusieurs sont des migrateurs dont certains étendent leur aire de distribution jusqu’en zones tempérées. Quatre espèces se rencontrent en Amérique du Nord, mais seul le Monarque visite le Canada.

À la lumière d’analyses phylogénétiques, la classification a été modifiée. Actuellement, les espèces de cette sous-famille sont divisées en trois tribus : Danaini, Tellervini et Ithomiini.

Comme les autres Nymphalidae, les Danainae ont les pattes antérieures atrophiées. Une constante se dégage au niveau de la coloration de leurs ailes : noir et bleu pâle, noir et blanc ou noir et jaune/orangé. Leur vol est lent et ils sont quelquefois observés en grand nombre. Les mâles sont munis de pinceaux androconiaux (= à phéromones) abdominaux qui servent à stimuler les antennes de la femelle durant la parade nuptiale. Ils présentent généralement un dimorphisme sexuel.

Les chenilles n’ont pas d’épines, sont vivement colorées avec des lignes parallèles blanches, jaunes et noires et possèdent de 2 à 4 paires d’appendices charnus faisant penser à des antennes. Presque toutes les chenilles des Danainae vivent sur des plantes de la famille des Apocynacés (ex. : apocyn) et des Asclépiadacés (ex. : asclépiade) qui sont riches en alcaloïdes* (donc vénéneuses) et glucosides**. Les chrysalides de Danainae sont arrondies et compactes, généralement en forme de baril, de couleurs variées et ornées de points brillants dorés ou rouges. Elles sont suspendues par le crémaster.

* Classe de substances organiques azotées, généralement basique, d’origine majoritairement végétale (rarement animale ou fongique). Les alcaloïdes furent parmi les premiers composés biochimiques à être découverts. On en connaît maintenant plus de 10,000. Bien que plusieurs alcaloïdes soient fortement poisons, comme la strychnine, nombre d’entre eux possèdent diverses actions physiologiques qui les rendent utiles en médecine comme agents thérapeutiques. Par exemple, la curarine, trouvée dans les extraits mortels du curare, est un puissant relaxant musculaire; l’atropine est utilisée pour dilater la pupille des yeux; la physostigmine est spécifique pour certaines maladies musculaires; la morphine et la codéine sont utilisées pour le soulagement de la douleur et la cocaïne comme anesthésiant local. Des alcaloïdes plus communs incluent la quinine (extraite du quinquina), la caféine, la nicotine, la sérotonine et le LSD. La pipérine, la pilocarpine, l’atropine, la méthamphétamine, la mescaline, l’éphédrine, la tryptamine, l’aconitine (extraite de l’aconit), la coniine (extraite de la ciguë), la réserpine et l’émétine sont d’autres alcaloïdes.

** Ce sont des molécules complexes composées de divers sucres (glucides) liées à d’autres éléments non glucidiques. L’amygdaline (gentiobiose et mandélonitrile) et les acides nucléiques (ribose, acide phosphorique et bases aminées) sont des glucosides

La migration chez les papillons: une stratégie de survie
Lorsque des conditions environnementales défavorables viennent compromettre la survie d’une espèce, celle-ci se doit de réagir. La stratégie de la plupart des papillons est spécifique à l’espèce et dépend de l’importance des modifications des conditions environnementales. Certaines espèces choisissent de rester quelque soit les conditions et ont développé des adaptations, comme la diapause (hibernation ou estivation) qui leur permettent d’éviter les perturbations de l’environnement (adaptations qui se rencontrent principalement chez les stades immatures). À l’opposé, d’autres sont des espèces migratrices se déplaçant alors vers un autre endroit où l’environnement leur permet de survivre.

La migration peut ainsi être définie comme un mouvement dirigé et saisonnier d’individus sur une longue distance en raison de conditions défavorables prédictibles. Ce déplacement s’effectue vers leur point de départ. Néanmoins, à la différence des oiseaux, un même individu ne fera pas l’aller et le retour au complet.

S’il y a vingt ans, on affirmait que plus de 200 espèces de papillons étaient reconnus comme des migrateurs (la migration étant plus répandue parmi les Pieridae, les Nymphalidae, les Sphingidae, les Noctuidae et les Uraniidae, et dans une moindre mesure, chez les Lycaenidae et les Hesperiidae), on distingue aujourd’hui deux types de déplacements des populations. En plus de la migration, il y a aussi la dispersion qui réfère à des déplacements qui ne s’effectuent pas nécessairement sur de longues distances ou sur une base saisonnière. Ainsi, les espèces qui font de la dispersion n’attendent pas que les conditions changent pour quitter: ils quittent de toute façon! C’est le cas de la Piéride du chou (Pieris rapae) qui ne restent pas dans un même endroit pour un long moment, mais souvent part dans un vol rectiligne sans destination apparente. Pourquoi ces papillons décident-ils de partir alors que l’habitat est encore convenable? Il apparaît que comme beaucoup d’humains, plusieurs papillons sont des « nomades » alors que d’autres sont des « sédentaires »!!!

La Belle-dame (Vanessa cardui) et le Monarque (Danaus plexippus) sont, à la fois, des « dispersants » et des « migrants ». Durant leur déplacement vers le nord, au printemps et en été (que ce soit en Europe ou en Amérique du Nord), ces deux espèces réalisent une dispersion continuelle, alors que c’est une vraie migration qui a lieu durant leur retour vers le sud, à l’approche de l’automne.

On ne sait pas pourquoi un papillon « choisit » de migrer sur une longue distance plutôt que de passer l’hiver sous un stade immature en diapause. Dans le cas du Monarque, on croit qu’il s’agit d’une espèce tropicale qui a graduellement colonisée la zone tempérée. Comme les glaciers retraitaient, leur plante-hôte s’est répandue vers le nord et le papillon aurait suivi. Il est possible que les conditions estivales dans le sud soient devenues parallèlement trop chaudes et sèches pour cette plante. Ainsi, il est possible de penser que leur longue migration actuelle pourrait avoir été beaucoup plus courte dans le passé.

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PARAINNEZ UN MONARQUE
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Lors de l'envolée, vous pourrez parrainner un Monarque. Pour 3$ vous contriburez à l'essor de Monarch Watch (http://www.monarchwatch.org), un organisme effectuant des recherches et un suivi sur ce papillon.

300 des 600 papillons libérés lors de l'Envolée seront identifiés pour permettre de les suivre lors de leur voyage. Si le papillon que vous parrainnez est retrouvé, vous en aurez des nouvelles et aurez grandement aidé à mieux comprendre la migration de cette espèce qui réserve encore bien des mystères.

Réservez le vôtre dès maintenant!

Pour informations: 666-3216
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